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A Brest, la gouvernance contributive au coeur de l’innovation territoriale

08/06/2015

 

Au carrefour des cultures numériques, de l’entrepreneuriat et de l’éducation populaire, Michel Briand travaille activement à l’élaboration de réseaux d’innovations sociales ouverts en Bretagne. Élu à Brest et à l’agglomération Brest Métropole Océane, engagé sur les questions numériques et d’économie sociale et solidaire, il est également directeur adjoint de la Formation à Télécom Bretagne et membre du  Conseil National du Numérique. Pour l’Hubservatoire, il revient sur les concepts de gouvernance contributive, d’écosystème d’innovation et de mise en réseau des porteurs de projet.  

 

L’Hubservatoire : D’où vient votre intérêt pour la coproduction de l’innovation ?

 

Michel Briand : De mon expérience d’élu. J’ai eu l’occasion de développer une politique publique du numérique qui relève d’une gouvernance contributive. Par ce terme, je désigne une démarche qui articule « faire avec », « attention à » et  « donner à voir ». L’objectif est de valoriser les personnes qui agissent, les relier et les outiller par la formation collaborative et les outils numériques.



 

La gouvernance contributive,

au centre de la politique publique du numérique à Brest

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Source : a-brest.net



 

Quels ont été les leviers de succès des dispositifs développés à Brest ?

 

Sur la politique de développement des points d’accès publics à Internet à Brest, je me suis appuyé sur les acteurs locaux. Il a fallu douze ans pour que l’ensemble des centres sociaux de la ville devienne des points d’accès public à internet, chacun étant rentré dans le réseau à son rythme. La clé est d’impliquer les acteurs de la cité dans ce changement.

 

Un deuxième levier d’appropriation du numérique a été l’accompagnement des acteurs dans leur projet. Un « appel à envie », où tous les projets soumis sont retenus, a été lancé (42 projets sur 43 en 2013). La logique est d’aider les personnes à mettre en œuvre leurs projets, avec des budgets certes modestes, en favorisant les conditions de la rencontre et de la création d’un réseau.

 

Souvent, les projets reçus via un appel à projet ne sont pas publiés et les raisons pour lesquelles ils sont retenus ou non restent secrètes. Quel gaspillage d’idées et d‘initiatives ! Or un des leviers de la transformation réside dans le pouvoir d’agir des personnes et dans la capacité des porteurs de projet à travailler en réseau. Le rôle des acteurs de la gouvernance est justement de favoriser une dynamique collaborative qui mette enr éseau les acteurs et contrbue à la diffuion des innovations.

 

Comment passer d’une politique de soutien aux projets innovants à la structuration d’un véritable écosystème local ?

 

C’est en faisant confiance aux porteurs de projet et en valorisant leurs actions que l’on crée un écosystème. Le temps et l’énergie dépensés par les personnes impliquées dans les projets sont bien supérieurs au budget alloué.

L’exemple du fab lab est parlant puisque le budget nécessaire au fonctionnement d’une telle structure représente un ou deux emplois seulement. Il existe un écart important entre ce qui est produit par les dizaines de personnes qui s’impliquent dans un fab lab et son budget de fonctionnement.  

Dans le même esprit, nous avons créé une dizaine de sites Web contributifs comme a-brest où tout le monde peut proposer un article. Nous publions 20 articles par semaine pour environ 1 500 visiteurs par jour et 1 600 abonnés à la lettre hebdomadaire alors que l’on n’emploie personne directement pour éditer le site web. Faire confiance aux gens en acceptant qu’ils proposent des articles est un pas de côté pour beaucoup d’acteurs publics habitués à une culture du contrôle.

 

Il faudrait pouvoir interpeller les acteurs publics sur les questions suivantes : pourquoi les appels d’offre ne sont-ils pas plus ouverts en favorisant un grand nombre d’initiatives, pourquoi les projets ne sont-ils pas rendus publics ? Pourquoi les politiques publiques valorisent-elles systématiquement une façon de faire « entre soi » ? C’est d’autant plus dommage que les manières de diffuser et de mettre en réseau les initiatives individuelles sont peu coûteuses et extrêmement valorisantes pour les porteurs de projet. Notre société devient plus contributive, à nous de l’intégrer dans notre gouvernance.



Propos recueillis par Bruno Caillet

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