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Désintermédiation bancaire et sagesse des foules : des promesses pour les PME

10/03/2015

La plateforme de crowdfunding Wiseed met en relation des start-ups avec des particuliers qui souhaitent investir. Une forme de coproduction de l’innovation pour laquelle Wiseed a mis en place des méthodes de gouvernance et de représentation adaptées à chacun. Avec la “privatisation citoyenne”, la start-up propose une nouvelle forme de réappropriation des communs. Autant d’apports et de pistes de réflexion pour l’Hubservatoire. Entretien avec Thierry Merquiol, cofondateur de Wiseed. 

 

Vous avez cofondé la société Wiseed pour lancer votre plateforme de financement participatif en 2009. L’une des premières en France. Pouvez-vous nous expliquer en quoi votre plateforme est originale ? 

 

Il existe quatre formes de crowdfunding, le don contre-partie (modèle Kickstarter) le prêt de particulier à particulier, le prêt de particulier à entreprise, et le modèle choisi par Wiseed d’equity crowdfunding : les particuliers deviennent actionnaires d’une entreprise sans l’intermédiaire d’une banque. Nous avons été les premiers au monde à nous lancer sur ce créneau. 

 

L’aspect participatif de l’actionnariat est très important pour nous. Les particuliers investissent non seulement dans le projet, mais aussi dans l’équipe, pour participer à une aventure entrepreunariale. Nos investisseurs choisissent en priorité des projets à fort impact sociétal, dans lequel ils peuvent se projeter. Le ticket moyen est de 2000€ : on ne fait pas cela pour devenir riche. 

 

Les investisseurs vont à minima devenir ambassadeurs de la société, certains en deviennent les commerciaux, d’autres salariés (cela arrive de plus en plus) et même business angels. Nous avons depuis 2009 travaillé avec 53 sociétés françaises, pour un montant de 15 millions d’euros. 

 

Nous avons observé dans l’Hubservatoire que la notion de gouvernance est un facteur clé de succès ou d’échec des projets coproduits. Comment organisez-vous la représentation dans ce modèle que vous présentez comme participatif ? 

 

Wiseed a la particularité de monter une holding pour chacune des start-up soutenues. Un parti pris de départ, plus lourd à gérer pour nous, mais plus facile pour l’entrepreneur. La holding représente le collège d’investisseurs individuels auprès de sociétés qui ne sont pas en mesure de gérer la relation avec 50 actionnaires individuels. 

 

Chaque holding est présidée par un membre de Wiseed ou par un actionnaire compétant dans le domaine, qui représente les actionnaires lors des AG annuelles, et effectue des reporting mensuels. Notre apport au conseil d’administration est celui d’entrepreneurs et non de financiers : nous visons la pérennité et la rentabilité de long terme du projet avant la prise d’intérêts rapide. 

 

Vous proposez maintenant à vos membres d’investir dans la promotion immobilière.  Vous n’êtes plus seulement une plateforme de crowdfunding, mais presque une vraie banque.

 

Effectivement, Wiseed assume de devenir une banque des PME. Pris dans des problématiques de rentabilité financière rapide, le secteur bancaire ne prête plus aux PME. Ces acteurs classiques sont incapables de se projeter dans le nouveau paradigme des communaux collaboratifs tel qu’exposé par Jeremy Rifkin : la possession n’est plus la base de l’achat, la participation et la coproduction sont devenus essentiels. 

 

Kodak avait inventé le capteur numérique CCD, mais a raté sa transition vers le numérique. Les banques, elles, ne veulent pas voir la révolution en cours. Cependant elles nous observent. Certaines nous disent qu’elles nous rachèteront lorsque nous aurons grandi. Mais nous ne deviendrons jamais des banques au sens traditionnel. [EDIT : Wiseed a annnoncé le 4 février un partenariat avec le Crédit Coopératif]

 

Dans votre récente intervention au TedX LImoges, vous faites référence à la sagesse des foules. Comment intégrez-vous cela dans votre projet ? 

 

Notre postulat est celui développé par James Surowiecki. La foule est plus experte que les experts, ces derniers sont trop marqués par leur influence réciproque, quand la foule est par exemple en mesure de repérer très tôt les mouvements de fond. 

 

C’est pourquoi nous impliquons les investisseurs dès le processus de sélection des candidats. Même si Wiseed procède à un audit, nous ne pouvons pas tout savoir, l’apport des membres de la communauté est précieux. Wiseed a 40 000 membres, dont 10% d’investisseurs. 200 à 300 personnes débattent et votent en moyenne pour la sélection des projets à financer. 

 

Vous avez inventé le concept de privatisation citoyenne à l’occasion de la vente par l’état de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.  

 

Les Toulousains se sont sentis dessaisis de leur patrimoine commun, c’est pourquoi nous avons eu l’idée d’une réappropriation par des investisseurs citoyens de l’aéroport. Nous avons lancé l’opération “18 millions pour l’aéroport de Toulouse”.  Dix mille personnes, dont cinq mille Toulousains ont participé pour un total de 20 millions d’intention d’investissement. Les français sont loin d’être bêtes, ils ont compris que la vente de l’aéroport allait rapporter de l’argent à une entreprise privée. Nous n’avons jusqu’à présent pas été reçus par l’Etat, mais l’opération a fait parler d’elle. Des collectivités territoriales nous ont contacté pour le financement de crèches, de salles polyvalentes ou de piscines. Nous n’avons pas pu donner suite car ce type des projets qui ne pourraient pas fonctionner. Sans modèle économique et sans objectif de rentabilité il ne peut y avoir d’investisseurs. L’equity crowdfunding reste lié à l’entrepreunariat. 

 

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