contacts newsletter
retour au hub Plein Sens


Pour vous inscrire à la newsletter entrez votre adresse e-mail.




se désinscrire

blog

Quand le monde universitaire s’associe à la coproduction de l’innovation territoriale

20/05/2015

 

Les dispositifs de coproduction associant les chercheurs de l’université à la construction de l’action publique se font rares. Pour pallier ce manque, la première chaire dédiée au management des collectivités locales a été créée en mars 2014 à l’initiative de l’Université de Pau-Pays de l’Adour. Baptisée Optima, pour Observatoire du Pilotage et de l’Innovation Managériale Locale, elle fait le lien entre les acteurs de la puissance publique locale et le milieu universitaire. La chaire se veut un laboratoire de fabrication de l’innovation locale et du management territorial ainsi qu’un outil d’accompagnement pour les collectivités. David Carassus, professeur des universités, directeur de la Chaire Optima, nous présente ses premières observations sur l’expérience de coproduction portée par la chaire.

 

 

Quelles sont les missions de la chaire Optima ?

 

L’objet de la chaire est de constituer un observatoire des pratiques innovantes mises en place par les collectivités locales. Nous adoptons un rapport managérial, organisationnel et stratégique à l’innovation, lié à l’exercice des politiques publiques. Nous travaillons à un accompagnement des collectivités en passant des conventions avec elles qui nous permettent de constituer des échanges bilatéraux. Ces conventions sont source de valeur ajoutée pour les collectivités puisque cela leur permet de bénéficier du travail d‘experts sur des terrains complexes à résoudre par de simples consultants.

 

 Quel type d’accompagnement proposez-vous aux collectivités ?

 

Un premier volet  de nos activités s’intéresse aux  politiques publiques, leur stratégie, leur objectivation, leur évaluation et leur adéquation.

Dans le second volet, plus organisationnel, nous nous intéressons à l’optimisation de l’utilisation des ressources de la collectivité, qu’elles soient financières, organisationnelles, informationnelles. Nous traitons de sujets comme l’optimisation de la gestion du patrimoine, celle des modes de gouvernance dans la collectivité ou encore la mutualisation des moyens humains.

Le troisième volet est tourné vers les ressources humaines puisque l’on s’intéresse au pilotage de l’innovation et à l’amélioration de la qualité des conditions de vie au travail.

Le quatrième volet est de l’ordre du numérique. Nous traitons de l’innovation liée à l’amélioration des modes de fonctionnement de la collectivité en interne, entre agents et élus par exemple, mais aussi entre la collectivité et la population.

 

Après un an d’activité, pouvez-vous déjà formuler de premières observations, de premiers acquis ?

 

Nous avons observé que la problématique de l’innovation n’est pas forcément très  technique mais plutôt humaine et culturelle. Il y a donc beaucoup d’enjeux de travail en matière de  pilotage de l’innovation, de modalités à mettre en œuvre pour que les collectivités soient en capacité d’innover, et s’y autorisent. Il semble pertinent de développer dans le futur notre approche de ces éléments qui relèvent de l’ “humain”, des comportements.

 

L’Hubservatoire : Pourquoi parlez-vous de s’autoriser à innover ?

 

Il est essentiel que les collectivités s’autorisent à innover malgré les freins à l’innovation, à la créativité et à la libre parole, relativement importants dans les collectivités. Quelque fois l’innovation rentre en conflit avec l’organigramme de la collectivité, au fonctionnement très hiérarchisé et vertical. L’innovation doit savoir dépasser certaines séparations et formalismes existants.

 

Selon vous, quel sont les éléments de méthode sur lesquels une réflexion plus poussée devrait être entamée?

 

Il me semble que les problématiques de leadership sont essentielles.  Quel est le rôle d’un élu dans la collectivité ? Quel est le rôle d’un directeur général des services?  Quand on traite d’innovation dans les collectivités, les formes de leadership et les formes de management ne sont pas les mêmes que dans d’autres contextes. Malgré la nécessité d’avancer, certains freins culturels ainsi que des jeux d’acteurs rendent très complexe la pénétration de l’innovation dans l’organisation. La culture du management ouvert, du pilotage, de la collaboration et de l’anticipation n’est pas bien intégrée aujourd’hui dans les pratiques locales.

 

Repérez-vous en France ou à l’international des modes de management ou des modes d’organisation dont on pourrait peut-être s’inspirer ?

 

Cette problématique est assez ancienne; la question de la transférabilité des outils de la sphère internationale à la sphère française remonte aux années 1980. Concernant l’approche démocratique et ouverte en matière de management, il y a des éléments à prendre  dans les pays anglo-saxons et dans le modèle nordique notamment. Cependant, même si l’on peut s’en inspirer, l’imitation est seule impossible. Certains auteurs disent à ce propos que pour changer il existe deux voies, la page blanche et l’imitation. Des voies intermédiaires, plus intéressantes, commencent à émerger : par exemple l’innovation mimétique qui consiste à aller chercher des points d’inspiration à l’extérieur tout en les adaptant à l’intérieur.

 

L’Hubservatoire a rendu récemment son premier rapport d’étapes. Est-ce que certains points retiennent votre attention ?

 

Je pense que les projets d’observatoires, tel celui porté par la chaire Optima, ont vocation à terme à se montrer force de propositions sur les aspects instrumentaux et techniques. Il me semble qu’il est primordial de mettre en avant les bonnes pratiques, afin que d’autres acteurs rencontrant les mêmes problématiques puissent s’en inspirer.

En évoquant l’idée de boite à outils, on peut citer le cas de la collectivité d’Antibes qui a lancé une démarche d’accompagnement du changement. Dans ce cadre, la ville a déjà identifié une dizaine de leviers qui pourraient permettre de promouvoir l’innovation organisationnelle à travers la créativité, la transparence et l’ouverture. Elle a par ailleurs commencé à engager des actions qui permettent de mobiliser ce type de leviers. Il me parait nécessaire de relayer ces exemples aux collectivités pour qu’elles prennent connaissance de certains leviers face auxquelles elles peuvent déployer des outils d’action.

 

Tweets de @Hubservateur

Les 6 principes clés de l'économie symbiotique http://t.co/KPzNS10fGs


plus

Tweets de @Hubservateur

Comment réintroduire de l'imagination en politique? http://t.co/AqJq1OqVDt via @LeHuffPost


Nos
partenaires :

logos partenaires