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Retour sur : Territoires, nous sommes innovation

17/02/2015

 

Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), “convaincu que l’innovation publique territoriale constitue une opportunité historique de sortie de crise et de rebond démocratique”, organisait le 17 février 2015 à Paris la rencontre Territoires, nous sommes innovation. Marylise Lebranchu assistait à l’événement, le jour où elle présentait son projet de loi “NOtre”, troisième volet des lois visant à une nouvelle organisation territoriale et au renforcement des régions en matière de développement économique. Une loi qui fera certainement moins de bruit que la loi Macron, bien que celle-ci pose peut être durablement les conditions d’une nouvelle attractivité économique. 

 

Marylise-Lebranchu

Jean Marc Borello, président du groupe SOS, pose le décor : « l’économie dont on parle part du terrain et c’est donc une économie reposant sur une innovation sociale, l’innovation est là aujourd’hui, cette innovation devrait se développer et se montrer sans complexes. On peut être dans le marché, créer de l’emploi, sans perdre son âme. Efficacité économique et responsabilité sociale sont associables ». André Dupon, président du Mouves, à l’origine de cette rencontre, précise : « l’innovation publique territoriale est à la fois un miracle, un sacerdoce, voire un paradoxe absolu. Il s’agit de faire de la gestion des paradoxes. Les besoins sociaux sont énormes, la puissance publique ne peut plus assurer : nous sommes passés des “trente glorieuses” aux « trente piteuses ». Nous ne pouvons plus nous permettre de plaquer partout les mêmes idées mais au contraire devons tisser des réponses sur-mesure. C’est ça l’innovation territoriale ».  Akim Oural, maire-adjoint de Lille en charge d’une mission sur les conditions d’innovation territoriale, précise les enjeux : «  il s’agit avec ces questions d’innovation de refonder la république ». Un enjeu que précise à son tour Marylise Lebranchu. Avec cette prochaine loi et plus largement avec la question de l’innovation territoriale, la question est bien de savoir «  ce qu’est une action publique et par qui peut-elle être portée. C’est avec ces questions que l’on peut retisser une république. Chaque citoyen doit se sentir concerné par l’action publique. Les fonctionnaires, les premiers sur le terrain, doivent être mieux investis. »

 

Les exemples présentés vont tous en ce sens. Julien Maury de Coab, dont la mission est d’accompagner les projets d’habitat partagé, souligne une nouvelle fois que «  de tels projets n’existent qu’en partant par des usagers et de leurs besoins. En gros, il faut faire à l’inverse de ce que l’on a toujours fait ». Franck Faucheux, à l’origine de l’Institut de la ville durable, précise le rôle de la puissance publique : «  être prescripteur de questions et non de réponses. Produire, dans les territoires, à partir de ces questions, des espaces de débat pour la mise en œuvre d’actions transversales. »

 

Sophie Keller, co-auteure de L’économie qu’on aime (éd. Rue de l'échiquier), présente les conditions d’un succès d’innovation territoriale autour d’un projet développé à Romans-sur-Isère. Le groupe Archer a fait le pari de relancer l’économie de la chaussure en misant sur les compétences et savoir-faire des habitants, en sommeil depuis la fermeture de nombreuses usines. Avec ce projet, ce sont des nouvelles façons de faire et une nouvelle manière de penser l’économie qui se développent. Première condition de changement : les personnes. Deuxième condition : changer le regard sur les personnes, les compétences, les savoir-faire et la chose économique elle même. Les derniers exemples orientés sur les nouvelles conditions de citoyenneté iront toutes en ce sens : produire les conditions d’une réappropriation de la chose publique. Le besoin est criant, des centaines d’initiatives émergent partout en France. 

 

Quelques idées émergent dans un échange avec le public : la création de métiers de manager de l’innovation pour faire émerger le besoin, financer la compétence de transversalité dans les collectivités pour rendre lisible une action publique souvent opaque pour les services eux-mêmes, d’autant plus pour les porteurs de projets perdus face à l’enchevêtrement de dispositifs de financement et de normes. Un membre du Crédit Coopératif pointe la nécessaire innovation financière. “Une Banque publique d’investissement ne suffit pas, il fait penser de nouveaux outils, soutenir le crowdfunding et faire sauter les blocages culturels, notamment pour le financement de l’ingénierie financière”. 

 

Marilyse Lebranchu conclut : « pour accompagner ce changement il ne faudra certainement pas créer une nouvelle machine d’État, il faudra penser un truc simple, avec les gens. Si on l’a déjà fait, ce n’est pas la peine d’inventer quelque chose d’autre. Certainement faut-il repenser notre culture et notre culture économique. Nous devons substituer à la valeur de concurrence – qui n’est pas une valeur mais seulement une réalité – celle de la coopération. » 

 

Bruno Caillet & Régis Chatellier

 

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